2011년 2월 24일 목요일

Dic: croire à

III.− Emploi trans. indir.
A.Croire + à + subst. Être persuadé de quelque chose par adhésion de l'esprit, de manière rationnelle, mais aussi avec confiance.
B.Croire + en + subst. Apporter une adhésion totale mais personnelle, en y attachant une valeur éthique qui porte l'individu à se comporter en conséquence avec confiance et amour.

* * *
A:

1. [Le subst. désigne une pers.] Croire à qqn.
a) Être persuadé de l'existence réelle de quelqu'un. Croire à Dieu, au diable.
  • Il m'a même dit qu'il avait cru au diable avant de croire à Dieu (Gide, Journal, 1914, p. 491). 
  • Certains ont cru aux anges, aux démons, aux génies (Saint-Exup., Citad., 1944, p. 878) :
  • − Et puis quand il va s'apercevoir que je me suis fichue de lui, dit Sylvaine, ça va être terrible! − Oh! il a cru au gosse; il croira bien à une fausse couche. (Druon, Les Grandes familles, t. 2, 1948, p. 135.)
− Croire au Père Noël (cf. Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 53 et 254). Être très naïf; se faire beaucoup d'illusions.
b) Croire à une catégorie de personnes, y ajouter foi; s'y fier.
  • Croire aux astrologues, aux médecins (Ac. 1798-1932). 
  • Ce qui lui manquait [à Manette] pour l'aimer [Coriolis], c'était d'y croire, d'avoir foi en lui (Goncourt, M. Salomon, 1867, p. 217). 
  • Ne te fie pas à la jeunesse, crois aux vieillards (A. France, Vie littér., 1890, p. 357) :
  • Ce groupe met à sa tête un homme que j'estime comme particulier, auquel je ne crois pas comme homme politique... (Sand, Correspondance, t. 3, 1812-76, p. 211.)
2. [Le subst. désigne une chose] Croire à qqc.
a) Penser que quelque chose a une existence réelle. Croire à l'âme, à l'immortalité.
  • Vous m'avez dit, mon Dieu, de croire à l'enfer (Teilhard de Ch., Milieu divin, 1955, p. 189) :
  • Les plus grands esprits sont toujours des esprits sceptiques. Ils croient cependant à quelque chose : ils croient à tout ce qui peut les rendre plus grands. C'est le cas, par exemple, de Napoléon, qui croyait à son étoile, c'est-à-dire à soi-même. Or, ne pas croire aux croyances communes, c'est évidemment croire à soi, et souvent à soi seul... (Valéry, Variété III, 1936, p. 220.)
Croire à qqc. dur comme fer. Y croire fermement, sans en démordre.
  • Il [Leconte de Lisle] a cru dur comme fer à une Grèce qui n'a jamais existé que dans le cerveau de son ami [Louis Ménard] (Barrès, Voy. Sparte, 1906, p. 4).
b) Avoir confiance en quelque chose. Croire à l'avenir, à la révolution.
  • Ah, messieurs! croyez à l'Assemblée de vos représentants (Le Moniteur, 1789, p. 347). [Ils] ont cru aux dés (Saint-Exup., Citad., 1944, p. 569) :
  • Car il [Brichot] avait cette curiosité, cette superstition de la vie, qui unie à un certain scepticisme relatif à l'objet de leurs études, donne dans n'importe quelle profession, à certains hommes intelligents, médecins qui ne croient pas à la médecine, professeurs de lycée qui ne croient pas au thème latin, la réputation d'esprits larges, brillants, et même supérieurs. (Proust, Du côté de chez Swann, 1913, p. 251.) 
  • ... vous êtes capable de mourir pour une idée, c'est visible à l'œil nu. Eh bien, moi, j'en ai assez des gens qui meurent pour une idée. Je ne crois pas à l'héroïsme, je sais que c'est facile et j'ai appris que c'était meurtrier. Ce qui m'intéresse, c'est qu'on vive et qu'on meure de ce qu'on aime. (Camus, La Peste, 1947, p. 1349).
Veuillez croire à ..., je vous prie de croire à... (mes amitiés, mes sentiments). Formule épistolaire de politesse.
  • [Je] vous prie de croire, mon Général, à mes sentiments profondément et fidèlement dévoués (De Gaulle, Mém. guerre, 1956, p. 571).
c) Penser qu'il peut s'agir de quelque chose; penser que quelque chose est probable.
  • On ne peut rien dire encore (...). Je croirais à une fièvre cérébrale. L'excitation nerveuse est très intense (A. France, P. Nozière, 1899, p. 24) :
  • On peut l'avoir poussée, certes, mais sans lui donner de coups, sans qu'elle se défende... − On ne l'a pas poussée. − Vous croyez donc à l'accident? (Simenon, Les Vacances de Maigret, 1948, p. 62.)

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